L'ostéopathie et la gestion des traumatismes

 

          Une des actions majeures de l'ostéopathe est d'aider le corps à retrouver son équilibre originel après un traumatisme important.

 

Accidents de voiture

          Névralgies, sciatalgies, lombalgies, maux de tête, insomnies... sont peut-être les séquelles tardives d'un ancien accident de voiture. Même si aucune lésion n'est apparente aux examens radiologiques, même si le "coup du lapin" a été modéré, l'onde de choc reste inscrite dans le corps de l'accidenté et occasione troubles et douleurs.

          Que se passe-t-il lors d'un accident ? Le conducteur et les passagers sont maintenus par leur ceinture de sécurité qui croise le thorax au niveau du sternum et fixe le bassin sur le siège. Lors du choc, les pressions vont s'effectuer sur ces zones. La tête part violemment en avant, entraînant dans son mouvement toute la colonne vertébrale et le sacrum (os au mileu du bassin). Le corps est ainsi soumis à une importante force d'inertie qui dépasse ses capacités d'absorption. Certaines structures se trouvent alors en conflit les unes avec les autres, provoquant symptômes et douleurs (parfois à retardement).

          Crâne et bassin sont liés anatomiquement. La dure-mère, membrane mémingée qui tapisse la boite crânienne, se prolonge comme un tube dans la colonne vertébrale et s'attache solidement sur le sacrum tout en bas. C'est par ce rapport anatomique direct qu'un choc sur le sacrum peut entraîner des problèmes crâniens. De même, un choc sur le crâne peut entraîner des douleurs lombaires. Ce lien dure-mère est spécifiquement travaillé par l'ostéopathe.

         Exemple du "coup du lapin" : appelé en ostéopathie whiplash (coup de fouet), c'est un phénomène connu lorsque la tête fait une flexion ou une extention violente et forcée par le rebond du choc. Une de ses conséquences estt le plus souvent une raideur (parfois entorse) cervicale, visible à la radio. Il existe par la suite un phénomène de fatigue, de perturbation de l'humeur et de baisse de l'énergie. Sur le plan ostéopatique, nous reconnaissons cette raideur que nous ressentons tout au long de la colonne, du bassin jusqu'à la base du crâne. Ce mécanisme de raideur est une protection mise en place par le corps suite au choc, il provoque un état de tonus musculaire et nerveux permanent. Ce tonus va garder la colonne en compression en permanence, empêchant les disques intervertébraux de se regonfler en eau la nuit, favorisant les cervicalgies, dorsalgies et lombalgies. Cet état de vérouillage de la colonne pourra aller jusqu'à créer des douleurs sciatiques ou crurales en comprimant les lombaires, et des maux de tête et troubles de l'humeur ou du sommeil en tirant en permanence sur la base du crâne.

Traumatismes généraux

          Le traumatisme reste inscrit dans le corps quand celui-ci n'a pas pu gérer tout le déroulement du choc et n'a pas pu le compenser complètement. Tout comme dans les accidents de voiture, les traumatismes vont verrouiller une partie du corps, entraînant un déséquilibre important dans la physiologie du patient.

          Quel que soit le traumatisme (entorse, luxation, accident,...) il faut toujours faire un bilan médical chez son médecin avant de consulter son ostéopathe. Une fois le bilan réalisé, et si il ne montre aucune altération des os, nerfs et vaisseaux, il est possible de travailler en ostéopathie pour libérer les séquelles du choc pouvant causer douleurs et gênes. Comme à chaque fois, lors du traitement d'un traumatisme, le travail de l'ostéopathe se fera en synergie avec des soins de kinésithérapie afin de réparer et consolider les tissus abimés.

          A surveiller tout particulièrement : les évènements où il y a eu le souffle coupé, une légère perte de connaissance (un "blanc") ou lorqu'on a vu "36 chandelles".

Traumatismes psychiques

          La notion de traumatisme existe aussi au niveau du psychique. Ainsi, la force que représente certaines scènes ou émotions sur le psychique peuvent dépasser les possibilités d'assimilation de notre esprit. Ces chocs sont alors assimilés par l'organisme et s'impriment au niveau physique. Par exemple, la peur provoquée lors du traumatisme à pu suffire à bloquer la respiration. Autre exemple fréquent : la sensation de "boule" au ventre losque l'on pense ou revit une expérience difficile. L'ostéopathie peut agir au niveau de ces "marques" inscrites dans le corps afin d'aider le patient à se liberer du traumatisme. Ce travail se fait en collaboration avec un psychothérapeute afin de rééquilibrer corps et esprit en même temps. L'un pouvant empêcher, ou ralentir, la guérison de l'autre.

 

Quand consulter ?

     -  Après tous types d'accidents, même anciens.

     -  Dans tous les cas de traumatismes crâniens (avec ou sans perte de connaissance).

     -  Dans tous les cas où la pression de la ceinture ou du volant a pu provoquer : des gènes et des douleurs respiratoires, des sensations d'angoisse et d'oppression, des douleurs sternales, une état dépressif ou de fatigue importante.

     -  Lors de pertes de mémoire, troubles de la vue, de l'audition ou de l'olfaction, insomnies, vertiges,...

     -  En cas de contusions ou de séquelles de fractures.

     -  Toutes douleurs ou pertes d'amplitude d'une articulation qui apparaissent suite à un accident ou un choc.